Combien de semaines entre deux dates : le guide simple pour ne plus se tromper

Calculer le nombre de semaines entre deux dates semble trivial : on compte les jours, on divise par sept, et le tour est joué. Cette approche fonctionne dans la majorité des cas. Elle devient trompeuse dès que la période chevauche un changement d’année, qu’un préavis légal entre en jeu ou qu’un tableur applique ses propres conventions de numérotation.

Semaine ISO 8601 : la convention qui décale vos calculs au Nouvel An

La plupart des outils en ligne divisent simplement le nombre de jours par sept. Le résultat est mathématiquement juste, mais il ne correspond pas toujours à ce que les calendriers officiels appellent une « semaine ».

La norme ISO 8601-1:2019 définit deux règles précises. La semaine commence le lundi. La semaine 1 de l’année est celle qui contient le premier jeudi de janvier, autrement dit celle qui inclut le 4 janvier.

Cette définition produit un décalage concret : certaines années comptent 53 semaines ISO au lieu de 52, comme c’est le cas pour 2026. Si vous calculez le nombre de semaines entre le 28 décembre 2025 et le 10 janvier 2026, un simple calcul arithmétique donne exactement une semaine et six jours. En revanche, le découpage ISO peut attribuer ces journées à des numéros de semaine qui ne se suivent pas de façon intuitive.

Pour un usage quotidien (planifier un projet, compter les semaines de grossesse, estimer un délai de livraison), la division par sept reste la méthode la plus fiable. La numérotation ISO n’intervient que lorsque vous devez aligner vos données sur un calendrier partagé, un logiciel de gestion de projet ou un planning international.

Homme consultant une application calendrier sur smartphone pour calculer un écart de semaines

Calcul de semaines dans Excel : la formule DATEDIF et ses limites

Excel ne propose pas de fonction native qui renvoie directement un nombre de semaines entre deux dates. La méthode classique passe par la fonction DATEDIF, documentée par Microsoft mais héritée de Lotus 1-2-3.

La formule la plus courante est :

=DATEDIF(date_debut;date_fin; »d »)/7

Elle divise le nombre total de jours par sept. Le résultat est un nombre décimal. Pour obtenir uniquement les semaines complètes, il suffit d’envelopper la formule dans la fonction ENT (partie entière).

Pourquoi DATEDIF peut renvoyer un résultat inattendu

Microsoft signale que DATEDIF produit des résultats incorrects dans certains scénarios, notamment lorsque la date de début est postérieure à la date de fin (erreur #NUM!). La fonction n’apparaît pas dans l’assistant de formules d’Excel : il faut la saisir manuellement, ce qui la rend invisible pour beaucoup d’utilisateurs.

Une alternative plus transparente consiste à soustraire directement les deux cellules. Si la cellule A1 contient la date de début et B1 la date de fin, la formule =(B1-A1)/7 renvoie le même résultat sans passer par une fonction non documentée dans l’interface.

  • Pour les semaines complètes : =ENT((B1-A1)/7) renvoie un nombre entier
  • Pour les semaines et jours restants : =ENT((B1-A1)/7) donne les semaines, =MOD(B1-A1;7) donne les jours en surplus
  • Pour les jours ouvrés uniquement : la fonction NB.JOURS.OUVRES exclut weekends et jours fériés avant la division par cinq

Préavis et délais légaux : compter en semaines « de date à date »

Le calcul de semaines ne se limite pas à un exercice arithmétique. En droit du travail français, plusieurs préavis de licenciement ou de démission sont exprimés en semaines. Leur mode de calcul ne repose pas sur des blocs de sept jours.

Les préavis légaux se calculent de date à date, sans tenir compte du nombre de jours du mois. Un préavis d’une semaine qui démarre un mercredi se termine le mardi suivant, quel que soit le mois concerné. Cette règle vaut aussi pour les fins de CDD et les périodes d’essai exprimées en semaines.

La différence avec un calcul purement mathématique paraît minime sur une semaine isolée. Elle devient significative sur des périodes plus longues, surtout quand le point de départ tombe en fin de mois. Un préavis de quatre semaines démarrant le 28 février ne se termine pas le même jour selon que l’année est bissextile ou non.

Jours ouvrés ou jours calendaires dans un préavis

Un piège fréquent consiste à confondre semaines calendaires et semaines de jours ouvrés. Sauf disposition conventionnelle contraire, le préavis court en jours calendaires, weekends et jours fériés inclus. Convertir un préavis de deux semaines en dix jours ouvrés revient à raccourcir la période réelle, ce qui peut poser un problème juridique.

Jeune femme calculant des semaines entre deux dates sur un ordinateur portable dans un bureau professionnel

Méthode manuelle pour calculer des semaines entre deux dates sans outil

Quand vous n’avez pas de tableur ni d’accès à un calculateur en ligne, la méthode la plus rapide reste le comptage par étapes.

  • Comptez d’abord les mois complets entre les deux dates et multipliez chaque mois par son nombre de jours réel (28, 29, 30 ou 31)
  • Ajoutez les jours restants au début et à la fin de la période
  • Divisez le total de jours par sept : le quotient donne les semaines, le reste donne les jours supplémentaires
  • Pour les périodes courtes (moins de deux mois), comptez directement les jours sur un calendrier papier ou sur celui de votre téléphone

Cette approche évite les erreurs liées aux mois de longueurs différentes. La principale source de confusion reste février : une année bissextile ajoute un jour qui décale le résultat d’une journée sur toute période chevauchant la fin février.

Semaines paires et impaires : un usage spécifique au quotidien français

Le système de semaines paires et impaires structure de nombreux aspects de la vie courante en France, de la garde alternée des enfants au ramassage des ordures. Il repose sur la numérotation ISO des semaines, ce qui signifie que la parité d’une semaine donnée peut varier d’une année à l’autre selon le jour où tombe le 1er janvier.

Pour 2026 (année à 53 semaines ISO), le calendrier de parité se décale par rapport à 2025. Si vous planifiez une garde alternée sur plusieurs années, vérifiez la numérotation ISO de chaque année plutôt que de supposer une alternance régulière d’une année sur l’autre.

Le calcul du nombre de semaines entre deux dates reste une opération simple tant que vous identifiez le bon référentiel : division par sept pour un décompte brut, numérotation ISO pour un alignement calendaire, règle de date à date pour un cadre juridique. Choisir la mauvaise convention sur une période de quelques mois peut produire un écart d’une semaine entière, ce qui suffit à rater une échéance ou à contester un délai.

Articles populaires